Dans 10 ans, toujours escort ?

dans 10 ans toujours escort ?

Dans 10 ans, toujours escort ?

TW : conflit familial,intégrisme religieux, apostasie, relations toxiques, dysmorphophobie, agression, viol

Comment je suis devenue escort

Ce n’est pas une si belle histoire que je compte vous raconter. Elle nécessite un peu de background. Je suis la fille répudiée d’un pasteur à la retraite, également ancien postier, et actuellement auteur-dramaturge chrétien et écrivain public, et d’une aide soignante, et assistante maternelle, elle aussi à la retraite. J’ai été éduquée strictement dans la religion évangélique, cette branche protestante très prosélyte et pas aussi bienveillante qu’elle n’y paraît.

A l’adolescence, j’ai remis en question l’ensemble de mon éducation religieuse. Dieu m’est vite apparu comme un espèce de pervers narcissique de l’extrême, nous interdisant la connaissance, ne nous reconnaissant que le droit à la soumission et la crainte en échange de son amour et de sa promesse de ne pas nous faire cramer 🔥🔥🔥. Trop aimable.

J’ai pris un virage à 360 degrés, embrassé l’athéisme, mais me suis tout de même mariée à l’Eglise pour faire plaisir à mes parents. Ce mariage a coulé il y a trois ans (soit au bout de onze ans de vie commune et deux enfants). Les vannes étaient ouvertes.

J’ai commencé par rencontrer des plans cul divers et variés, ai découvert le BDSM, ai fait mon coming out bisexuel 🏳️‍🌈 , suis tombée amoureuse deux ou trois fois, ayant totalement renoncé à la monogamie.

Premiers pas dans le travail du sexe

Comme pour beaucoup, j’ai commencé à vendre des nudes sur Twitter et Onlyfans avant de diversifier mon offre. Ca n’a pas été un exercice facile. Après mes grossesses, mes mes yoyo pondéraux, mon ventre déformé et couvert de cicatrice me semblait invendable. J’ignorais totalement qu’il y a avait des fétichistes des ventres, des hommes qui préfèraient réellement les grosses (c’était une légende, pour moi) et que j’aurais du succès malgré ces caractéristiques physiques qui me sont toujours si déplaisantes. J’ai ensuite proposé des vidéos, des séances de cam sur Snapchat, puis sur plusieurs sites de camming. Pour info je suis aujourd’hui basée sur Cam4.

Quand j’ai commencé tout cela, j’étais hébergée chez mes parents, puis j’avais trouvé mon appartement pour continuer mes petites affaires, jusqu’à ce que ma voisine, menaçante, me harcelant tous les jours, vienne à bout de moi et me force à retourner chez mes parents, ou j’ai continué clandestinement mon petit commerce.

Dehors !

Mes parents et moi, c’est pas qu’on ne s’aimaient pas, ce qu’ILS ne m’aimaient pas. Je n’étais pas devenue la femme qu’ils avaient espéré. Nos façons de vivre et de penser différaient tellement que les conflits n’ont pas tarder à éclater, jusqu’au conflit de trop, dans lequel ils ont commis l’offense de s’attaquer à mes enfants (quitte à les insulter, devant eux) et à ma façon de les éduquer. Je venais d’obtenir une AAH pour mon trouble de la personnalité borderline et un studio meublé que je devais investir quelques jours plus tard. Qu’à cela ne tienne, mes parents m’ont mise dehors, laissant seulement au père des gamins le temps de parcourir 800km (allez-retour) pour venir chercher ces derniers pendant que je trouvais une solution pour me loger moi même avoir d’avoir les clés de mon studio.

Pute de trottoirs

C’est là que tout à commencé. Livrée à moi-même, je me suis trouvée un hôtel et ai commencé à me rendre à Lille, après m’être renseigné sur le quartier le plus fréquenté par les prostituées. La première nuit fut rude, avec une bande de crackwhores qui m’ont volé mon portable et de l’argent, mais j’ai survécu. Une fois les clés de mon appartement obtenues, j’ai continué. Pendant plusieurs mois. J’ai pendant ce laps de temps, vécu vols, agressions, et deux viols. Un-e ex, ancien-ne travailleur-euse du sexe, a réussi à me convaincre d’arrêter le trottoir et de me faire escort, à l’aide de certains cites d’annonces pas trop regardants. Je n’y croyais pas une seconde. Mais à peine l’annonce postée, je recevais par grappe de dix toutes sortes de mails de clients prêts à payer pour coucher avec moi. Je ne suis plus jamais allée tapiner depuis.

Combien de temps encore ?

C’est une grande question pour moi aussi. On ne peut pas vraiment dire que j’aime tous les jours ce boulot (comme vous, j’imagine – sommes-nous si différents ?), qu’il me faut cacher à une partie de mon entourage et en particulier à mes enfants. Tout ce que je suis en mesure de dire pour l’instant, c’est que temps que mon loyer me coûtera la moitié de mon allocation, et maintenant que je me suis habituée à vivre plus confortablement, quitter le milieu n’est pas un projet immédiat.

Au final, dans 10 ans, toujours escort ?

Il y a un gap entre ce que je souhaite et la réalité. Non, je ne souhaite plus être escorte dans 10 ans, ça ne veut pas dire pour autant que je souhaite sortir du travail du sexe. Blogueuse, nudeuse, tout en vivant de mon AAH, ou simplement vivant de mon AAH, c’est ce que j’espère pour plus tard (en fonction de l’amélioration ou de la dégradation de mon état de santé mentale). De toute façon, à 40 ans révolus, je serais vermoulue. Autant vivre au jour le jour et aviser.

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