Comment l’intégrisme religieux m’a bousillée

Comment l’intégrisme religieux m’a bousillée

Comment l'intégrisme religieux m'a bousillée

Photo by Priscilla Du Preez on Unsplash

Ecole du dimanche

J’ai été élevé dans une branche du christianisme dont la croissance prend une ampleur folle ces dernières année : le protestantisme évangélique. Mes parents, ils se sont connus à l’école biblique. Leur vie entière est régie par la foi, même quand elle implique de renier sa fille athée, rationnelle et « dépravée ». Après tout, Abraham était plutôt déter à sacrifier son fils Isaac, à partir du moment que l’ordre venait d’en haut.

Prière matin, midi, soir

Et plus. Mes parents lisent leur Bible matin et soir, appliquant la règle qu’un évangeliste Nord Irlandais fort sympathique au demeurant, qu’il nous a été donné l’occasion de rencontrer plusieurs fois.

« No Bible, no breakfast, no Bible, no bed »

Mes parents avaient aussi l’habitude de prier, et de nous faire prier (c’était chacun son tour) avant chaque repas. Et à chaque prière qui remerciait Dieu de nous apporter un toit et à manger, je me demandais comment Dieu choisissait qui mangeait et qui ne mangeait pas. Je le trouvais déjà exécrable pour une divinité d’amour, mais je n’ai jamais pu poser la question. Qui les affamés, les sans abris, remercient-ils pour le sort qui leur a été infligé ?

Ils priaient également le soir, il me semblent, et faisaient une réunion de prière en famille (une fois tout le monde adulte), à laquelle je ne participait déjà plus depuis longtemps

Menu enfant

Niveau programme, lorsque nous étions enfants, ma foi (si je puis dire), c’était intense. En plus des prières avant les repas, nous pratiquions un petit culte privé à la maison tous les soirs avec mon père. On appelait ça « faire la chapelle » (j’ignore lequel d’entre nous a trouvé ce nom mais il est resté). C’est notre Papa qui s’y collait. A l’heure ou les parents lisent une histoire à leur enfant, nous chantions des quantiques avec mon père et nous priions chacun à notre tour.

Tous les dimanches, nous allions à l’église. C’est évidemment une façon de parler car une église protestante en tant que pièce d’architecture, ça n’existe pas. Ce sont souvent des salles prêtées ou louées par la commune qui nous font office de temples.
Nous allions donc à l’église. Avant que mon père ne fonde son propre groupe, nous nous déplacions tous les dimanches à 50mn de la maison, littéralement endimanchés, habillés chic et républicains. Voici comment se déroulait le culte : des cantiques, des louanges (on différencie la louange de la prière dans le sens ou la louange, bien qu’étant une forme de prière, n’est destiné qu’à exprimer son amour et son admiration pour Dieu et le remercier pour ses bienfaits, sans formuler la moindre requête), puis prédication. Pendant la prédication, les enfants et jeunes ados montaient d’un étage pour leur « catéchisme », que l’on appelle au sein des évangéliques « l’école du dimanche ». La plupart du temps le cours était ludique et agréable. Aujourd’hui, je réalise l’ampleur du lavage de cerveau que j’ai subis, mais en m’amusant. J’aimais apprendre, je mentirais en disant que je n’y prenais pas de plaisir.

Ni tresses, ni or ni perles

Commun l'intégrisme religieux m'a bousillée

Photo by Tuva Mathilde Løland on Unsplash

Bonjour, adolescence

Arrivée à l’adolescence, j’ai commencé à ne plus trouver ça aussi captivant. Mon amnésie traumatique a pris fin, me mettant dans la gueule comme un coup de poing des souvenirs affreux d’abus subis pendant plusieurs années, infligé par un oncle maternel, lui-même chrétien. J’étais en bas-âge quand ces chose sont arrivée. Vers 13 ans, j’ai glissé dans la maladie mentale dans laquelle je suis toujours aujourd’hui. Alors j’ai prié, prié, prié, demandé de l’aide à mes parents qui, plutôt que de changer d’habitude avec mon oncle quand ils le saluaient ou de me proposer d’emblée une aide psychologique (que j’ai fini par réclamer moi-même à 17 ans), on continué de prier. Pour ma guérison, ou pour le salut de mon âme ? Je ne le saurais jamais. Je n’ai jamais pu parler de ces événements avec eux, ils changeaient de sujet à la moindre allusion. Personne dans ma famille (à part mes parents je l’espère) n’a daigné me croire. Mon grand-père maternel, sur son lit de mort depuis des mois, est décédé quand j’avais 18 ans. Toute ma famille m’a accusé de l’avoir tué avec mes mensonges. J’étais au plus bas. Mais mes parents priaient, que pouvait-il mal se passer ?

Pas de garçons

18 ans, j’étais en grave dépression, suicidaire, le bac à passer à la fin de l’année, le permis de conduire tout juste en poche (ça c’est un truc que vous avez bien fait, papa et maman, merci pour le permis), je tombe amoureuse pour la première fois. Je veux dire vraiment. Mais comme je sais que mes parents veillent au grain (« les études d’abord, les garçons après ! »), j’ai gardé ma relation secrète. Je ne doute pas que ma mère surtout devait soupçonner quelque chose mais, dans la peur de leur jugement, je me suis tue et débrouillée pour trouver quelques subterfuges pour voir mon petit copain  (parce que les sorties, seule ou entre-ami-e-s, c’était niet aussi). Immanquablement ce premier amour m’a quittée. Mes parents priaient, que pouvait-il mal se passer ?
J’ai fais un tentative de suicide par phlébotomie. Je pardonne à ma mère pour le chantage affectif qu’elle m’a fait ce jour là, car ce que j’avais fait était grave, qu’elle ne savait peut-être pas ce qu’elle disait, parce qu’elle m’a bandé le poignet avant de m’emmener à l’hôpital, ou j’ai, pendant qu’on me recousait de 6 points de sutures, entendu pour la première fois l’hypothèse que je sois bipolaire.

Ado en perdition à l’église évangélique

J’avais commencé dés 14-15 ans à faire du baby-sitting pour acheter les vêtements que je voulais. J’ai viré full gothique. Mes parents ont adoré (non). J’allais désormais à l’église avec mes noirs oripeaux, faisant sortir de leurs orbites les yeux les plus chastes et pieux. Un jour ou des membres de l’église ont pris leur courage à deux mains pour me faire savoir que je portais la couleur des ténèbres, de la mort et du mal, qu’une femme devait être humble. Un jour un « frère » de l’église m’a glissé un morceaux de papier dans la mains. Il y était écrit

« Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux » – 1 Thimothée 2:9

J’ai contemplé ce papier bien trop longtemps, le temps d’être sûre que je n’hallucinait pas. Je l’ai froissé le papier l’ai jeté à la poubelle. Ma foi venait de faire un double salto arrière. Dieu commande donc aux femmes d’être invisibles (effacées… c’est la même chose). Sauf que moi, je suis qui je suis. Atypique. Voyante. Parée de tresses et d’or.

Carences affectives, autoritarisme, censure évangélique

J’ai envie de rester sur ces quatre mots là. Ils se valent à eux-mêmes, surtout associés aux termes « intégrisme religieux ». Mais je pense qu’une liste non-exhaustive ne mange pas de pain, alors allons-y.

  • Peu de contact physique (ni avec mes parents, ni entre mes parents)
  • Ma mère m’a écrit « je t’aime » une seule fois dans sa vie
  • Punitions sévère (te priver toute une année d’une activité que tu aimes, c’était le style de mes parents)
  • Fessées laissant des bleus (ils en rigolent à chaque repas de famille, apparemment taper ses gosses c’est rigolo)
  • Enfermée dans ma chambre à 4 ans environ avec la poignée de la porte retirée par mon papa… Ce serait pas une séquestration ça ? Je suis presque sûre qu’ils ont oublié avoir fait ça. Mais moi ça m’a traumatisée 🙃
  • Menace physique (avec une spatule de cuisine en bois, car quand maman frappait, elle se faisait mal, la pauvre)
  • Autres menaces (« tu iras en pension », leur préférée)
  • Chantage affectif (« à cause de toi, j’ai mal ici, ou là, j’ai un ulcère, ou je vais mourir »)
  • Interdictions et censures arbitraires en vrac : pas de Harry Potter, pas de Pokemon, pas de Roald Dahl, pas de jeux vidéo, pas de musiques… vous voyez lesquelles. Pas de petit copain et encore moins de petite copine, on n’est pas un vrai chrétien si on est pas homophobe apparemment.
  • Jamais d’excuses quand on a chié dans la colle.
  • Communication verrouillée
  • Incitation (involontaire) au suicide
  • Intolérance aux enfants, mais que aux miens. Parce qu’ils ont adorables sans jamais avoir pris de coup, ça les énèrve mes parents, ça leur met le nez dans leur 💩. Et…
  • Il ne se remettent jamais en question. JAMAIS. Le Chrétien n’a jamais tort car il prie 8 fois par jour, a lu la Bible en long, en large et en travers 22 fois et que Dieu valide la moindre de leur action.
  • Expulsion de ma personne hors de la famille (d’un commun accord) avec pour consigne de ne pas ma présenter à leurs enterrement respectifs quand ils claqueront leur ultime crise cardiaque, « par ma faute ».

Ces mots sont pour vous

Comment l'intégrisme religieux m'a bousillée
Autoportrait

Broyée et isolée. C’est ce qu’il reste de moi. Peut-être ces mots seront-ils lus par mes parents chéris car je n’écris pas sous pseudonyme. Si c’est le cas, maman prends bien tes cachets pour la tension, la folle s’en voudrait de te tuer en hurlant ce que vous n’avez jamais daigné écouter sans me renvoyer votre fiel sous forme de mépris, de chantage et pire.

Vous avez essayé de me laver la tête et de me gaver telle une oie d’interdits, de règles idiotes et d’humiliations, dans l’espoir de faire de moi l’enfant rêvé pour votre sauveur imaginaire. Ca n’a pas marché. Je suis une prostituée bisexuelle, hypersexuelle, droguée, malade. Etes vous fiers ? 🥰

Si vous n’êtes pas mes parents ni un évangélique pratiquant :
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Péchez bien !

Prostituée pétée au Xanax (et pas seulement)

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TW addiction, psychotropes, drogues, alcool, sevrage, émétophobie, suicide

Si aujourd’hui mon rapport à la drogue n’est pas vraiment compliqué ni conflictuel, sachez que ça n’a pas toujours été le cas. Ma plus mauvaise expérience relève en fait d’une substance légale, délivrée en pharmacie, sous ordonnance.

Avez-vous goûté aux joies du Xanax ? Je parle bien de joie car une fois qu’on est devenu suffisamment résistant pour pouvoir s’envoyer une ou deux plaquettes, on plane délicieusement sur un nuage de lumière.

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Je m’étais fait prescrire du Xanax à des doses ordinaires, à première vue anodines, pour mes troubles anxieux, par ma psychiatre. Un benzodiazépine que l’on est censé prendre sur un temps limité à cause de son fort pouvoir addictif. Je l’ai cependant pris pendant des années avec la complaisance du corps medical. Puis j’ai commencé augmenter les doses moi-même, car mes attaques de panique n’abdiquaient pas devant deux cachets blancs. Pour ne pas en manquer, j’ai commencé à passer par plusieurs prescripteurs (et plusieurs pharmacies) des ami•e•s qui s’en faisaient prescrire pour moi, j’étais déjà foutue. J’étais accro.

Le pot au rose fut découvert lors d’une tentative de suicide aux benzos et à l’alcool. La quantité de Xanax trouvée sur place par les pompiers et les FDO était anormale. J’ai donc été soumise par le personnel hospitalier à un sevrage, à poursuivre en ambulatoire après mon séjour en unité psychiatrique.

J’ai vécu un enfer. Le syndrome de sevrage fut pire que je l’aurais imaginé. Effet rebond (attaques de panique XXXL, crises suicidaires), malaises (pendant des mois j’ai à peine tenu debout), hypertension, tachycardie, vomissements, douleurs, acouphènes, rien ne m’a été épargné.

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Aujourd’hui on essaie encore de nous faire croire que le cannabis est un problème. Je me gausse. Ancienne alcoolique, j’ai cessé de boire quand j’ai goûté le petit joint du soir. Je mentirais en disant que c’est mon seul vice : quand on est gavés de psychotropes (antidépresseurs, anxiolitiques, stabilisateurs d’humeur fortement sédatifs) mais qu’on a quand même son job à assurer (oui, ma basse besogne nécessite une certaine énergie tout de même), la Monster blanche dont je me gave ne suffit pas toujours. Un petit rail par-ci par-là (un petit ! C’est cher cette connerie), ça requinque.

Et parfois… souvent, Xanny me manque. Mais l’idée de me retaper une desintox me calme sur le champ.

Si cet article vous parle, que vous avez une expérience à partager, n’hésitez pas à laisser un commentaire, liker et partager pour m’aider à prêcher la parole du péché.

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Un parc et quatre inconnus

Laissez-moi vous compter l’anecdote un peu folle qui m’est arrivée dans un grand parc à Lille, entre les gares Lille Flandre et Lille Europe, impliquant quatre inconnus, alors que je travaillais encore sur le trottoir.

Je finissais de travailler. J’avais recolté suffisament d’argent pour pouvoir m’arrêter et trouver un coin ou dormir dehors. Je savais qu’en vrai je ne dormirais pas, alors je suis allée me poser devant Lille Flandres, fermée à cette heure tardive. Je fermais vaguement les yeux et soufflais, fatiguée et satisfaite du travail accompli.

J’ai remarqué qu’un jeune homme noir lightskin avec des traits d’ange s’approchait de moi. Je le regardaid méfiante se diriger dans ma direction puis s’asseoir à côté de moi. « Hi », dit-il. Il ne parlait pas français. Je lui rend son salut en anglais. Il me demande ce que je fais en pleine nuit devant la gare, je joue franc jeu : je suis une prostituée qui a fini son travail et attend l’ouverture de la gare pour rentrer chez moi par le premier train. Le fait que je sois pute le fait sourire, mais pas d’un sourire condescendant. Plutôt un sourire curieux. Il m’explique qu’il vient de Belgique, côté flamand, et qu’il voyage avec son ami, parti se balader. Entreprenant, il me fait par de son attirance pour moi. Elle était très réciproque. Il me propose d’aller se poser quelque part de plus tranquille. J’ai cru qu’il écoquait d’une chambre d’hôtel, mais il parlait de ce grand parc entre les deux gares, presque désert et plongé dans l’obscurité.

Je le suis, nerveuse comme une femme seule en pleine nuit accompagnée d’un inconnu. On s’installe finalement dans l’herbe. Je m’allonge, j’essaie de me détendre, il s’allonge près de moi, nous regardons le ciel quelques minutes, puis il se tourne vers moi et commence à faire glisser le zip de ma veste. Sans un mot. Je remonte ma jupe, il défait sa ceinture et me prends à même le sol. L’affaire terminée, il dit  » we just fucked in the middle of this big city » et souris de son air angélique.

Son ami qui était parti nous a finalement trouvé tous les deux en train de bavarder. Il s’est assis près de nous, mon premier acolyte faisant les présentations, puis déclare s’en aller quérir un night shop pour acheter des cigarettes. Après quelques minutes d’un silence gênant, son ami m’embrasse, je glisse ma main dans son pantalon, et me voici son membre en bouche, à sucer cet étranger jusqu’à l’éjaculation.

Mon premier inconnu revient, avec deux autres types rencontrés sur le chemin, eux parlant français et un anglais boiteux dont je me fait l’interprète. Mes deux belges disparaissent après je ne sais quel prétexte et me voici de nouveau seule avec deux hommes que je ne connais pas, dans ce même parc, à partager des cigarettes. Il n’a pas fallu longtemps avant qu’ils me prennent à deux, à quatre pattes dans les buissons, un dans ma chatte, un dans ma bouche et inversement, moi prenant mon pied comme rarement jusqu’à ce que chacun ait son compte. Nous sommes ensuite restés ensemble une partie de la nuit jusqu’à l’ouverture de la gare. Je n’ai jamais revu les deux flamands, ni ces deux bougs qui m’ont montée en l’air dans les buissons. J’en garde le souvenir d’une nuit abracadabrante qui humidifié encore parfois mon anatomie…

Si vous avez aimé cette histoire (on ne peut plus vraie), commentez, partagez, likez, plus on est de fous plus on jouit.

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Fais pas ta pute

(c) Sister of Sin, tous droits réservés

Il faut souffrir pour être belle
Me disait ma pauvre grand-mère
Quand elle tirait sur ma crinière
Pour défaire mes boucles rebelles.

J’ai bien appris, car je chatoie
Quand un client tient ma tignasse
Me prend comme une autre chiennasse
Qui veut juste payer son toit

Mais le docteur des tourmentés
Insinuant « Fais pas ta pute »
Veut me sevrer de la culbute
Afin que je sois respectée

Et mes parents, grand bien leur fasse
M’ont répudiée avant mes crimes
Leur déception si légitime
M’ont envoyé droit dans la crasse.

« Fais pas ta pute, ou fais le fière »
Ce sont les mots du féminisme
La sodomie et l’ondinisme
Eux sont les mots de Lucifer

Sister of sin

Dans 10 ans, toujours escort ?

Dans 10 ans, toujours escort ?

TW : conflit familial,intégrisme religieux, apostasie, relations toxiques, dysmorphophobie, agression, viol

Comment je suis devenue escort

Ce n’est pas une si belle histoire que je compte vous raconter. Elle nécessite un peu de background. Je suis la fille répudiée d’un pasteur à la retraite, également ancien postier, et actuellement auteur-dramaturge chrétien et écrivain public, et d’une aide soignante, et assistante maternelle, elle aussi à la retraite. J’ai été éduquée strictement dans la religion évangélique, cette branche protestante très prosélyte et pas aussi bienveillante qu’elle n’y paraît.

A l’adolescence, j’ai remis en question l’ensemble de mon éducation religieuse. Dieu m’est vite apparu comme un espèce de pervers narcissique de l’extrême, nous interdisant la connaissance, ne nous reconnaissant que le droit à la soumission et la crainte en échange de son amour et de sa promesse de ne pas nous faire cramer 🔥🔥🔥. Trop aimable.

J’ai pris un virage à 360 degrés, embrassé l’athéisme, mais me suis tout de même mariée à l’Eglise pour faire plaisir à mes parents. Ce mariage a coulé il y a trois ans (soit au bout de onze ans de vie commune et deux enfants). Les vannes étaient ouvertes.

J’ai commencé par rencontrer des plans cul divers et variés, ai découvert le BDSM, ai fait mon coming out bisexuel 🏳️‍🌈 , suis tombée amoureuse deux ou trois fois, ayant totalement renoncé à la monogamie.

Premiers pas dans le travail du sexe

Comme pour beaucoup, j’ai commencé à vendre des nudes sur Twitter et Onlyfans avant de diversifier mon offre. Ca n’a pas été un exercice facile. Après mes grossesses, mes mes yoyo pondéraux, mon ventre déformé et couvert de cicatrice me semblait invendable. J’ignorais totalement qu’il y a avait des fétichistes des ventres, des hommes qui préfèraient réellement les grosses (c’était une légende, pour moi) et que j’aurais du succès malgré ces caractéristiques physiques qui me sont toujours si déplaisantes. J’ai ensuite proposé des vidéos, des séances de cam sur Snapchat, puis sur plusieurs sites de camming. Pour info je suis aujourd’hui basée sur Cam4.

Quand j’ai commencé tout cela, j’étais hébergée chez mes parents, puis j’avais trouvé mon appartement pour continuer mes petites affaires, jusqu’à ce que ma voisine, menaçante, me harcelant tous les jours, vienne à bout de moi et me force à retourner chez mes parents, ou j’ai continué clandestinement mon petit commerce.

Dehors !

Mes parents et moi, c’est pas qu’on ne s’aimaient pas, ce qu’ILS ne m’aimaient pas. Je n’étais pas devenue la femme qu’ils avaient espéré. Nos façons de vivre et de penser différaient tellement que les conflits n’ont pas tarder à éclater, jusqu’au conflit de trop, dans lequel ils ont commis l’offense de s’attaquer à mes enfants (quitte à les insulter, devant eux) et à ma façon de les éduquer. Je venais d’obtenir une AAH pour mon trouble de la personnalité borderline et un studio meublé que je devais investir quelques jours plus tard. Qu’à cela ne tienne, mes parents m’ont mise dehors, laissant seulement au père des gamins le temps de parcourir 800km (allez-retour) pour venir chercher ces derniers pendant que je trouvais une solution pour me loger moi même avoir d’avoir les clés de mon studio.

Pute de trottoirs

C’est là que tout à commencé. Livrée à moi-même, je me suis trouvée un hôtel et ai commencé à me rendre à Lille, après m’être renseigné sur le quartier le plus fréquenté par les prostituées. La première nuit fut rude, avec une bande de crackwhores qui m’ont volé mon portable et de l’argent, mais j’ai survécu. Une fois les clés de mon appartement obtenues, j’ai continué. Pendant plusieurs mois. J’ai pendant ce laps de temps, vécu vols, agressions, et deux viols. Un-e ex, ancien-ne travailleur-euse du sexe, a réussi à me convaincre d’arrêter le trottoir et de me faire escort, à l’aide de certains cites d’annonces pas trop regardants. Je n’y croyais pas une seconde. Mais à peine l’annonce postée, je recevais par grappe de dix toutes sortes de mails de clients prêts à payer pour coucher avec moi. Je ne suis plus jamais allée tapiner depuis.

Combien de temps encore ?

C’est une grande question pour moi aussi. On ne peut pas vraiment dire que j’aime tous les jours ce boulot (comme vous, j’imagine – sommes-nous si différents ?), qu’il me faut cacher à une partie de mon entourage et en particulier à mes enfants. Tout ce que je suis en mesure de dire pour l’instant, c’est que temps que mon loyer me coûtera la moitié de mon allocation, et maintenant que je me suis habituée à vivre plus confortablement, quitter le milieu n’est pas un projet immédiat.

Au final, dans 10 ans, toujours escort ?

Il y a un gap entre ce que je souhaite et la réalité. Non, je ne souhaite plus être escorte dans 10 ans, ça ne veut pas dire pour autant que je souhaite sortir du travail du sexe. Blogueuse, nudeuse, tout en vivant de mon AAH, ou simplement vivant de mon AAH, c’est ce que j’espère pour plus tard (en fonction de l’amélioration ou de la dégradation de mon état de santé mentale). De toute façon, à 40 ans révolus, je serais vermoulue. Autant vivre au jour le jour et aviser.

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